Archives par mot-clé : voitures

Budget voiture : vaut-il mieux louer ou acheter?

offre-location

Très répandue aux États-Unis, la location longue durée d’une voiture reste timide au Canada où le sentiment de possession d’un objet comme l’automobile reste fort. Pourtant l’idée fait son chemin, notamment auprès des femmes et des jeunes.

Quand on achète une maison, c’est avant tout pour satisfaire un légitime sentiment de propriété. Mais c’est aussi dans l’espoir de réaliser une plus-value, même si elle ne concerne que ses héritiers. Pour la voiture, ce deuxième facteur n’existe pas, bien au contraire. Dès lors, hormis sauf si vous avez un besoin inextinguible de posséder, n’est-il pas plus logique, et surtout plus économique, de louer en longue durée?

Vous sursautez déjà: mais c’est beaucoup plus cher! Ce n’est pas étonnant. Pour la bonne raison que l’on compare deux choses qui ne sont pas comparables, un objet, ou, si vous préférez, un bien, et un service. Quand on demande à un Quebecois: «Combien vaut votre voiture?», il donne le prix d’achat (la valeur du bien). En revanche, à la même question, un Américain vous indiquera ce que ça lui coûte par mois, c’est-à-dire le prix du service «voiture», avec l’assurance, l’entretien, la dépréciation, l’essence…

Et c’est là que le bât blesse: lorsqu’on additionne le tout, le budget voiture apparaît dans toute sa splendeur, quand ce n’est son hypertrophie. Cela explique pourquoi la question est si souvent occultée, notamment, il faut bien le reconnaître, par les hommes. Pourtant, depuis deux ou trois ans, les choses commencent à bouger.

Encore faut-il s’entendre. Deux sigles répondent à la location longue durée: LLD et LOA. La première – location longue durée – est une location stricte, généralement sur trois ans, sans possibilité de rachat à l’issue du contrat, ce qu’autorise la location avec option d’achat. La première s’adresse principalement aux entreprises, qui recherchent une gestion commode de leur parc de voitures. Elle permet en outre au loueur d’imputer la taxe professionnelle à l’entreprise. La seconde intéresse essentiellement le particulier.

Quels sont les avantages, par rapport à un achat ferme?

* En premier lieu, la maîtrise du budget: vous payez tous les mois la même somme. S’y ajoute parfois, dans le cas de LOA élaborées par certains constructeurs, un apport initial obligatoire, compris entre 2,5 % à 10 % du prix du véhicule. Les officines spécialisées, comme Carvantis et Ucar (1), lui préfèrent une caution, équivalente à deux mois de loyer. «Nous appliquons la même règle que pour la location d’un appartement» justifie Frantz Roesch, directeur marketing de Ucar. Concrètement, cela signifie que cette caution, qui est débitée au locataire au moment où on lui remet les clés de la voiture, sera restituée à la fin de la location… s’il n’y a pas de litiges.

La maîtrise des coûts peut être encore affinée, en incluant dans le loyer l’entretien du véhicule, le prix de l’assurance (tous risques), ainsi que, et c’est très important, celui de deux assurances complémentaires: l’assurance «perte financière», qui compense la valeur entre le remboursement de l’assurance classique et la valeur du neuf en cas de vol ou de détérioration du véhicule (ce qui évite aux malchanceux de continuer à payer pour un véhicule qui n’existe plus) et l’assurance-chômage et/ou décès-invalidité qui libère le locataire ou ses proches, de la voiture (et de sa charge locative) en cas de perte d’emploi ou d’accident grave. Ces assurances sont généralement fournies par le loueur. Seuls restent à votre charge le carburant, les parkings et les… éventuelles amendes.

* La sérénité: pas d’emprunt à faire, pas d’angoisse au moment de la revente de la voiture (surtout si c’est un modèle à essence), parfois pas d’immobilisation: certains loueurs incluent l’assistance 7 jours sur 7 et/ou vous proposent un véhicule de remplacement lorsque la vôtre est immobilisée.

* Le choix, du moins lorsque vous vous adressez à une officine spécialisée. Carvantis, par exemple, propose sur son site Internet un tableau synoptique de toutes les voitures disponibles sur le marché français, et l’on peut soi-même calculer les mensualités pour chacune en fonction du kilométrage prévisible et de l’apport initial (facultatif).

* Le prix: les loueurs indépendants bénéficient de conditions d’achat auprès des constructeurs ou des importateurs plus favorables que celles que peut obtenir un particulier, à l’instar d’une grande surface par rapport à un petit magasin de proximité. Quant au département finance du constructeur lui-même, la question ne se pose pas. Et ces conditions sont répercutées sur la location, concurrence oblige.

Par ailleurs, les loueurs, officines ou constructeurs, font eux-mêmes des opérations ponctuelles de promotion sur tel ou tel modèle. Ainsi Ucar propose actuellement aux jeunes conducteurs (mais aussi aux autres) une Fiat Panda pour 189 $ par mois tout compris (entretien + assurance tout risque).

Certaines personnes ne voient dans la voiture qu’un moyen de transport commode et la marque les indiffère. Pour eux, Ucar, encore lui, offre au «Menu», non plus une voiture précise comme à la «Carte», mais une catégorie, à l’instar de ce qui se fait en location de courte durée. Si vous cherchez un 4 x 4, vous pouvez ainsi bénéficier (actuellement, cela peut changer) d’un Hyundai Santa Fe Pack Confort Diesel pour 500 $par mois tout rond, tout compris. Neuf, ce véhicule vaut 26 740 $. Faites le calcul.

* Dernier avantage, les options. Tout le monde en a fait l’expérience, elles ne permettent que très rarement de majorer le prix de vente du véhicule en occasion. Tout au plus vous permettent-elles de vendre plus aisément votre véhicule. En louant, vous ne payez que leur utilisation. Vous souhaitez un GPS sur votre prochaine voiture?

Naturellement une pièce a toujours deux faces. Quels sont inconvénients ou les contraintes de la formule?

* Le kilométrage limité: les spécialistes de LOA cherchent évidemment à récupérer un véhicule aisément commercialisable. Ils ont donc tendance à assortir le contrat d’un kilométrage annuel limité, de l’ordre de 15 000 kilomètres, parfois un peu plus dans le cas de véhicules diesels. VRP, enquêteurs, visiteurs médicaux, passez votre chemin.

* Les voitures hors normes. Si vous aimez les gros V8 à essence bien gloutons, la LOA ne vous concerne pas. La voiture étant invendable d’occasion, vos loyers seront majorés d’autant. Le même Sante Fe, animé par un moteur essence, va tourner autour de 1 000 € par mois. Mieux vaut dans ce cas acheter et garder sa voiture sur une longue période.

* Les conditions de restitution: le jour où vous remettez les clés de votre véhicule à votre loueur, «son état doit correspondre à des conditions d’usage normal», indique-t-on chez Carvantis. En d’autres termes, on n’exigera pas que la voiture ait l’éclat du neuf au bout de trois ans, mais une grosse rayure, une bosse sur la carrosserie ou, ce qui arrive plus souvent, un pare-chocs ou un bouclier légèrement enfoncé sont facturés au prix de la réparation effectuée par le garagiste de la marque. Facture qui sera déduite de la caution. Il est primordial de bien se faire préciser par le loueur et de vérifier dans le contrat très exactement le descriptif de l’état que doit avoir le véhicule à la fin de la location. Quant aux pneus, ils ne doivent pas présenter une usure supérieure à 50 % (ce qui est mesurable). Au-delà, vous payez un supplément. En revanche, si vous avez bichonné votre voiture avec amour, vous ne bénéficiez d’aucune prime!

* La durée du contrat: vous êtes liés à votre loueur pour une durée de trois ans. Il existe certes des possibilités de s’en séparer, mais elles sont toujours onéreuses.
Malgré ces inconvénients – réels – la LOA offre une tranquillité d’esprit et une maîtrise budgétaire bien réelles. Le prix à payer est le fait de ne plus avoir votre nom sur la première ligne de la carte grise. Mais vous pouvez toujours continuer à dire: «Ma voiture»…